Chère Présidente, cher amis de l’Europe,
Je vous remercie du Prix ! C’est pour moi un honneur et c’est un plaisir d’être ici aujourd’hui. Je n’aurais jamais pensé d’être élue au « Prix de l’Europe » : mes concurrents sont des personnalités connues et importantes dans notre Pays !
La motivation pour la candidature est tout à fait exacte :
quand j’ai du décider dans quel Pays aller, avec une délégation, pour mon voyage en tant que Présidente du Conseil national, la chose pour moi était claire : j’ai toujours désiré de mieux connaître les Institutions de l’UE, en particulier le Parlement européen et la Commission.
Les Services du Parlement, l’Office de l’Intégration du DFAE, la mission et l’Ambassade Suisse à Bruxelles – qui nous ont accompagné pas par pas avec une grande disponibilité – ont préparé un programme exceptionnel.
Treize rencontres en 4 jours nous ont donné la possibilité de connaître les personnes les plus importantes, de voir un peu le fonctionnement des institutions, d’approfondir quelque thème institutionnel.
La rencontre avec le Président du législatif de la Belgique nous a fait plonger dans la difficile situation des communautés linguistiques et culturelles qui maintenant sont en train de faire exploser la Nation !
A ce propos, je dois ouvrir une parantaise : notre Pays doit faire attention de ne pas faire l’erreur d’abandonner notre plurilinguisme qui est très important dans une Suisse composée de personnes qui appartiennent à quatre cultures et quatre langues différentes !
En revenant en Suisse, j’ai apporté 3 convictions :
1) la voie bilatérale est arrivée à une station / situation où il faut absolument trouver de nouvelles voies de gestion des accords bilatéraux – tout le monde l’a dit à Bruxelles. Il faut absolument que la Suisse et l’UE trouvent ensemble des instruments techniques et politiques communs pour gérer les dizaines d’accord et surtout leur suivi.
2) Nous devons être plus présent à Bruxelles, et cela à tous les niveaux ! Pour le Parlement cela signifie non seulement des visites régulières entre les Présidents, mais aussi entre les Commissions, pour connaître et s’informer sur les différends dossier en préparation. Les décisions prises à Bruxelles deviennent tôt ou tard des éléments important – voir contraignants – pour notre travail législatif.
3) Il faut absolument réfléchir et discuter sur notre futur à moyen – long terme. Il ne doit plus exister le « tabou Europe ». On ne doit plus affirmer avec « Schadenfreude » que l’Europe est un monstre de burocratie, qui ne sert à rien.
L’Europe existe, elle est un processus de Paix, qui dure plus que 50 ans, à la recherche comme nous, de la stabilité politique et du développement équilibré économique et social.
L’UE est une grande Suisse – comme nous étions en 1848 – avec un chemin très important à parcourir de démocratie et de paix.
J’espère que notre Pays trouve la volonté et la force de prendre dans ses propres mains notre futur européen parce que nous sommes depuis toujours européens et parce que nous devrions participer plus activement, avec notre voix, notre expérience, à la construction de la Maison européenne.